L’horreur est un genre qui touche directement aux sentiments humains. Et plus un film s’en approche, plus il est terrifiant. Leviticus réussit particulièrement ce pari, en nous plongeant dans l’histoire de deux adolescents dont on a transformé le désir et l’affection en destruction imminente.
Leviticus ou l’horreur intimiste
Dans Leviticus, l’atmosphère est essentielle pour nous immerger dans l’horreur la plus intérieure. On suit Naim, un jeune garçon qui vit dans une petite ville où rien ne se passe vraiment. Il tombe sous le charme de Ryan et ils entament une relation un peu incertaine. Après une série d’évènements, ils finissent tous les deux exorcisés dans un rituel étrange qui est censé les libérer de leur sexualité.
Sauf qu’au-delà de les rendre terriblement malade, ça engendre une sorte d’esprit qui les suit partout et qui prend la forme de la personne qu’on désire le plus au monde. Dans leur cas c’est l’un l’autre, et ils doivent redoubler de vigilance pour ne pas se faire attraper par ce mirage. Parce que si cet esprit ne veut qu’une chose : les tuer brutalement.

On explore une quête d’identité sous tension et un amour impossible qui nait tout de même au cœur du danger. Naim et Ryan sont des personnages intéressants et complémentaires. Et Leviticus est entre le coming of age romantique et l’horreur… Deux genres qui se marient divinement bien. Surtout quand ils reflètent une ignorance qui engendre l’horreur. Ca rend le film réaliste et c’est ça qui fait peur. Les esprits sont le reflet d’une intériorité.
Un film sensoriel
Ca fait de Leviticus un film très sensoriel devant lequel on est toujours sur ses gardes. On a du mal à distinguer le vrai du faux et les sentiments ne sont pas fiables. Tout est irrationnel et tout le village fait comme si rien n’avait changé alors que les incidents se démultiplient. Ryan et Naim ne peuvent compter que sur eux-mêmes, mais s’ils restent seuls l’esprit peut les chasser. A vrai dire, il ne peut les chasser que quand ils n’y a personne autour.
Le travail sonore est particulièrement à souligner. Ce n’est pas un film qui a beaucoup de dialogues mais on ressent vraiment le poids de l’environnement et de la malédiction à travers une ambiance sonore pesante. Et ces mirages, si on n’arrive pas toujours à les distinguer, c’est que la mise en scène nous surprend. Elle nous fait douter parce qu’elle fait douter nos sens. On ne sait jamais sur lequel elle va jouer pour nous rendre confus. C’est très efficace.

Et cet aspect sensoriel se couple parfaitement avec l’intimité centrale au film, tantôt touchante tantôt glaçante. Puisque l’horreur est intérieure, émotionnellement comme sensoriellement. Et que cet amour maudit nous transporte pleinement.
Leviticus est un film d’horreur d’une heure et demie qui est grandement efficace. Il parle d’intimité avec une grande finesse et laisse l’horreur s’y nicher pour nous terrifier et nous émouvoir. Il est en salles ce mercredi 7 octobre.
