Avant que Netflix ne récupère le projet, Guillermo del Toro a lui aussi tenté de porter BioShock au cinéma.
Le réalisateur de Hellboy, Pacific Rim et Frankenstein révèle avoir eu plusieurs discussions autour d’une adaptation de la licence de 2K. Des échanges qu’il décrit aujourd’hui comme parmi les plus désastreux de sa carrière.

Sur le papier, l’association semblait presque évidente. L’univers de BioShock, son esthétique rétrofuturiste, ses créatures et les profondeurs inquiétantes de Rapture paraissent particulièrement compatibles avec le cinéma de Guillermo del Toro.
Et pourtant, cette rencontre n’a jamais eu lieu.
Interrogé par IGN sur son intérêt pour les adaptations de jeux vidéo, le réalisateur a révélé avoir effectivement essayé de travailler sur un film BioShock. Une expérience qui semble avoir considérablement refroidi ses ambitions dans le domaine.
Des discussions particulièrement compliquées autour de BioShock

Guillermo del Toro explique avoir eu plusieurs échanges concernant l’adaptation de jeux vidéo, dont BioShock. Mais les discussions avec les personnes impliquées dans la licence se seraient particulièrement mal déroulées.
Le cinéaste considère même aujourd’hui ces conversations autour de BioShock comme parmi les appels les plus désastreux qu’il ait eus.
Au-delà des éventuels désaccords créatifs, del Toro pointe surtout une difficulté fondamentale : un jeu vidéo ne raconte pas une histoire de la même manière qu’un film.
Si les deux médias peuvent partager une mise en scène et une grammaire visuelle similaires, le jeu repose sur l’interaction avec le joueur, ses décisions, l’exploration et parfois la résolution d’énigmes. Autant d’éléments qui ne peuvent pas simplement être reproduits dans une narration cinématographique linéaire.
Une problématique que le réalisateur connaît d’ailleurs particulièrement bien.
Del Toro connaît aussi les difficultés du jeu vidéo
Guillermo del Toro ne s’est pas contenté d’observer l’industrie vidéoludique depuis Hollywood.
Le réalisateur avait notamment travaillé sur Insane, un projet de jeu vidéo finalement abandonné, et avait également collaboré avec Hideo Kojima sur le célèbre Silent Hills avant l’annulation du projet par Konami.
Son expérience lui a justement permis de constater à quel point la construction narrative d’un jeu peut différer de celle d’un long-métrage.
Malgré cette mauvaise expérience autour de BioShock, del Toro reste d’ailleurs un grand amateur de jeux vidéo. Il cite notamment Left 4 Dead, Death Stranding, Shadow of the Colossus et Dead Cells parmi les titres qui l’ont marqué.
Et BioShock reste lui-même un univers qu’il apprécie énormément, au point d’expliquer qu’il pourrait se perdre pendant des heures dans son monde.
Et pendant ce temps, le film BioShock existe toujours

L’échec des discussions avec Guillermo del Toro n’a cependant pas enterré les ambitions cinématographiques de la licence.
Un projet d’adaptation de BioShock circule à Hollywood depuis de nombreuses années et Netflix avait officiellement annoncé en 2022 travailler avec 2K sur un film inspiré de la franchise.
En 2024, le producteur Roy Lee avait néanmoins expliqué que le projet avait été revu à la baisse, avec un budget moins important et une approche davantage centrée sur un point de vue personnel plutôt que sur une gigantesque production.
Reste à savoir quelle forme prendra finalement cette adaptation et surtout comment elle abordera ce problème soulevé par Guillermo del Toro : comment transformer une expérience aussi intimement liée à l’exploration et aux choix du joueur en un film capable de conserver ce qui fait l’identité de BioShock ?
Ironie de l’histoire, le réalisateur ne semble pourtant pas avoir tourné le dos aux jeux vidéo eux-mêmes. Lors de la même interview, il a révélé que le titre auquel il continue de jouer quotidiennement n’est ni BioShock, ni Death Stranding…
Mais Angry Birds.
