Cyberpunk: Edgerunners 2 change clairement de ton par rapport à la première saison. Plus proche du jeu dans sa manière d’aborder le chrome, la maladie et la cyberpsychose, cette nouvelle histoire préfère montrer des personnages qui se modifient pour simplement survivre à Night City. L’idée fonctionne, mais après une première saison aussi forte émotionnellement, j’ai trouvé cette suite beaucoup moins marquante.
J’avais beaucoup aimé la première saison de Cyberpunk: Edgerunners, notamment pour son côté presque shōnen tragique. David partait de presque rien, gagnait progressivement en puissance et finissait par aller beaucoup trop loin dans sa course au chrome. Tout était assez prévisible, mais la série compensait largement par l’intensité de ses personnages et de ses relations.
Cette saison 2 prend une direction différente. Elle se rapproche davantage de ce que l’on peut ressentir dans Cyberpunk 2077, avec une approche beaucoup plus poussée autour des modifications corporelles et de la cyberpsychose. Le problème, c’est que malgré de bonnes idées, je n’ai jamais retrouvé le même impact émotionnel que dans la première saison.

Une saison beaucoup plus centrée sur le chrome
L’un des aspects que j’ai le plus appréciés reste la manière dont cette saison parle des modifications corporelles. Ici, le chrome n’est pas seulement une façon de devenir plus fort. Il devient presque une nécessité pour continuer à vivre dans Night City.
Les personnages se modifient parce qu’ils n’ont pas vraiment d’autre choix. Plus ils veulent survivre, plus ils doivent accepter de remplacer des parties de leur corps, avec toutes les conséquences que cela entraîne. La cyberpsychose prend donc encore plus de place que dans la saison 1 et devient presque une maladie qui plane constamment au-dessus du groupe.
Sur ce point, j’ai trouvé Edgerunners 2 plus proche du jeu. On retrouve cette idée que Night City pousse constamment ses habitants à aller plus loin, même lorsqu’ils savent très bien qu’ils approchent de leur limite.
La série ajoute également Capri, une étrange intelligence artificielle créée par Arasaka. C’est l’une des rares idées qui s’éloignent réellement du thème du chrome et qui permettent d’élargir un peu l’univers. Malgré ça, la saison reste avant tout concentrée sur les implants, leurs conséquences et cette obsession de toujours modifier son corps pour tenir un peu plus longtemps.
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D et Roman portent une grande partie de la saison
Là où j’ai eu plus de mal, c’est avec le groupe lui-même.
Pendant une bonne partie de la saison, je n’ai jamais réellement réussi à identifier un personnage principal au sens classique. L’histoire tourne autour de plusieurs membres de l’équipe, mais D, Roman et Talia sont finalement les seuls qui m’ont vraiment marqué.
Roman reste probablement mon personnage préféré. Il possède une vraie présence et semblait avoir tout ce qu’il fallait pour évoluer de manière intéressante au fil des épisodes. Pourtant, cette évolution n’arrive jamais vraiment.
C’est frustrant, parce qu’il y avait quelque chose à faire avec lui. Le personnage fonctionne très bien dans ses interactions avec D, mais j’attendais que la série pousse davantage son développement personnel.
La relation entre D et Roman constitue d’ailleurs pour moi le meilleur élément de la saison. Leur dynamique fonctionne, leurs échanges donnent de la personnalité au groupe et leur relation permet d’apporter un peu d’émotion à une intrigue qui en manque parfois.
À côté, plusieurs personnages restent beaucoup plus difficiles à retenir. Certains passent dans l’histoire sans vraiment laisser de trace, et le groupe n’a jamais réussi à créer chez moi le même attachement que David, Lucy, Maine ou Rebecca dans la première saison.

Kingsley et Talia : beaucoup de style, mais peu d’impact
C’est particulièrement visible avec l’histoire autour de Kingsley et Talia.
Visuellement, les personnages fonctionnent. Leur place dans l’univers est intéressante et certaines idées autour de leur histoire auraient pu donner quelque chose de beaucoup plus fort. Pourtant, une fois la saison terminée, cette partie de l’intrigue m’a semblé assez oubliable.
Talia possède un design réussi et une vraie présence à l’écran, mais ça s’arrête souvent là. J’aurais aimé que la série prenne davantage de temps pour développer ses motivations, ses relations et surtout les conséquences de ce qui lui arrive.
C’est globalement le problème que j’ai eu avec cette saison : beaucoup de bonnes idées existent, mais plusieurs semblent rester à la surface.
La première saison était pourtant loin d’avoir énormément d’épisodes, mais elle réussissait à rendre ses personnages immédiatement mémorables. Ici, malgré une intrigue intéressante autour du groupe, je suis ressorti avec beaucoup moins de figures en tête.

Night City reste toujours le personnage le plus important
Un élément n’a cependant pas changé : Night City fonctionne toujours presque comme un personnage.
La saison nous fait découvrir plusieurs quartiers que les joueurs de Cyberpunk 2077 reconnaîtront facilement. On retrouve encore cette sensation que chaque zone possède ses propres règles et que la ville continue d’écraser ceux qui essaient d’y trouver leur place.
Cette fois, la série insiste encore davantage sur la nécessité de se modifier pour survivre. Les habitants ne cherchent pas forcément à devenir des légendes comme David pouvait le faire. Ils essaient simplement de rester dans la course.
C’est une différence que j’ai trouvée intéressante. La première saison racontait davantage l’ascension et la chute d’un personnage qui voulait toujours aller plus haut. La deuxième montre plutôt des gens qui tentent de ne pas se faire broyer par la ville.
David Martinez revient, mais surtout comme référence
La saison fait également un lien direct avec l’histoire de David Martinez, puisque son parcours possède une connexion avec celui de D.
J’ai apprécié le clin d’œil, mais je n’ai pas trouvé qu’il apportait énormément à l’ensemble. Ça fonctionne comme une référence pour ceux qui ont vu la première saison, sans devenir pour autant un élément central de la nouvelle intrigue.
Et finalement, c’est probablement mieux ainsi. Edgerunners 2 devait réussir à raconter sa propre histoire plutôt que de constamment vivre dans l’ombre de David.
Le problème est simplement que ses nouveaux personnages ne réussissent jamais vraiment à prendre sa place dans mon esprit.

Une animation en dessous de ce que j’attendais
J’ai aussi été un peu déçu par la réalisation.
Studio Trigger reste évidemment capable de proposer de très belles séquences et certaines scènes fonctionnent parfaitement. Mais dans l’ensemble, j’ai trouvé l’animation moins impressionnante que ce que le studio propose habituellement.
La première saison possédait plusieurs scènes que l’on reconnaissait immédiatement, avec une énergie et une mise en scène qui collaient parfaitement à la folie de Night City. Cette fois, peu de passages m’ont réellement marqué visuellement.
Même chose pour la musique. Là où I Really Want to Stay at Your House était devenu quasiment indissociable de la première saison, je n’ai retenu aucun morceau particulier ici.
Ça contribue forcément au manque d’impact général que j’ai ressenti.
Une fin douce-amère qui ne prend pas assez de risques
La conclusion résume assez bien mon problème avec cette saison.
On reste sur une fin douce-amère, parfaitement cohérente avec l’univers de Cyberpunk. Tout ne se termine pas bien, mais la série ne va jamais jusqu’au niveau de violence émotionnelle de la première saison.
Et je ne pense pas qu’elle devait forcément reproduire exactement le même schéma. Faire mourir tout le monde simplement pour choquer n’aurait eu aucun intérêt.
En revanche, j’attendais davantage de conséquences. Les personnages traversent beaucoup de choses, mais la conclusion ne m’a jamais vraiment donné cette impression de point de non-retour que j’avais ressentie avec David et son groupe.
La fin est correcte, parfois touchante, mais elle manque selon moi d’une vraie prise de risque. Une fois l’épisode terminé, je suis resté assez froid.

Une bonne saison, mais loin de la première
Je n’ai pas détesté Cyberpunk: Edgerunners 2. La saison possède même plusieurs qualités intéressantes, notamment son traitement de la cyberpsychose, son approche du chrome et la relation entre D et Roman.
Mais elle m’a beaucoup moins marqué que la première.
Là où l’histoire de David fonctionnait presque comme un shōnen condamné à mal finir, cette saison préfère quelque chose de plus proche de l’univers du jeu et de ses problématiques. C’est un choix intéressant, mais les personnages sont moins mémorables et la conclusion manque d’impact.
J’ai passé un bon moment devant Edgerunners 2, sans jamais retrouver ce qui m’avait vraiment accroché dans la première saison.
Et dans un univers aussi brutal que Night City, j’aurais aimé que cette nouvelle histoire laisse une cicatrice un peu plus profonde.
6/10
Les + : le traitement du chrome et de la cyberpsychose, Night City toujours aussi présente, la relation entre D et Roman, quelques bonnes idées autour de Capri.
Les – : plusieurs personnages oubliables, Roman sous-exploité, intrigue Kingsley/Talia peu marquante, animation moins impressionnante, aucune musique vraiment mémorable et une fin trop sage.
