Les adaptations de jeux vidéo au cinéma, c’est une histoire compliquée… Street Fighter est la licence de jeux de combats la plus populaire du monde et elle a déjà été adaptée par le passé dans des films plutôt nanardesque. L’adaptation de 1994 en est même devenue culte. Les attentes étaient grandes quand on a annoncé un nouveau film pour l’automne 2026. Street Fighter était un pari risqué, et il est réussi sur plusieurs aspects.
Fidèle à l’esprit vidéoludique
Street Fighter réunit des combattants de toute la Terre pour un tournoi d’arts martiaux organisé par un grand méchant ; qui s’en sert comme prétexte pour assouvir son envie de conquête du monde.
Les films inspirés de jeux vidéo ont souvent été des sortes de prétextes marketing. On se servait d’archétypes populaires, les déformait et on articulait une histoire aussi banale que tirée par les cheveux au tout. C’est ce que le film Tekken de 2009 faisait par exemple, pour citer une autre licence populaire de jeux de combats.
C’était risqué de s’attaquer à Street Fighter mais le réalisateur Kitao Sakurai a décidé de relever le défi. Ses films précédents étaient tous des comédies et cet héritage a grandement servi pour sa nouvelle œuvre. Parce que les jeux de combats ça a des enjeux très humains et sincères mais aussi très grandiloquents. C’est décalé par nature, on peut même dire que c’est camp. Et si on ne comprend pas ça, on ne peut pas bien les adapter. Il fallait donc équilibrer ces archétypes de vengeance, de conquête du monde etc avec un aspect fun. Un film Street Fighter ça doit être doux-amer pour fonctionner.

On adapte des personnages iconiques de la pop culture qui ont des archétypes clairs et qui ont évolué avec le temps sur une licence qui a plus de 30 ans. Ce qui compte dans ce cas, c’est l’essence même du personnage et la direction que l’adaptation décide de lui donner avec cette base. Ca marche très bien ici. Si on prend Ken et Ryu par exemple. Le premier est un grand combattant impulsif qui s’attire souvent des problèmes, tandis que le second est le guerrier sérieux qui se bat contre ses démons. Le film parvient à développer ça très correctement.
Les personnages sont tous archétypaux et on réussit à leur donner ce truc en plus qui les fait briller. C’est l’écriture mais aussi le casting qui est brillamment composé. Tous ces guerriers s’éclatent, apportent leur propre univers, c’est amusant et parfois déchirant. C’est passionnant de les suivre, et on ne voit pas les 2 heures passer.
Un Street Fighter aussi fun que technique
Street Fighter est donc un bon divertissement qui transmet les valeurs des arts martiaux telles qu’elles sont présentées dans les jeux de combats : fraternité, persévérance, honneur. C’est un film sans complexe qui n’a peur de rien, quitte à provoquer un peu mais c’est toujours bon enfant. C’est plein d’énergie, c’est drôle et ça passe aussi par les combats. Il y en a beaucoup et pas seulement au sein du tournoi. Les chorégraphies sont très bonnes et c’est très fluide. La manière de filmer est très créative et on ne peut s’empêcher de voir une inspiration de l’excellent cinéma Hong-Kongais.

Techniquement le film est tout aussi bon, on pense à la photographie et à la musique notamment. Tout rend subtilement hommage. Quand on a pas directement le thème le plus emblématique de la licence, on a une bande originale qui lui ressemble. On a des couleurs très marquées, des environnements qui semblent être tout droit sorties d’un jeu, qui ont des airs de stages. Et puis, on a des flashbacks animés qui sont sublimes.
On pourrait aussi mettre en avant les costumes qui font partie de la caractérisation. Et pour revenir sur le casting, c’était dans ce contexte une bonne idée de réunit des profils aussi différents. Catcheurs, pro des arts martiaux, modèles, chanteurs, acteurs… On dirait un roster de jeux de combats finalement. Et chacun est parfait dans son rôle.
Le tout réuni, ça fonctionne vraiment très bien. C’est un film décalé avec des thèmes un peu plus sérieux quand on creuse, une belle esthétique, des combats nerveux, des acteurs hyper investis, et des jolies références pour les fans. Street Fighter peut plaire aux joueurs comme aux non-joueurs en sa qualité pure de divertissement. Il faut aimer les univers « over the top » et se laisser porter, et puis un peu émouvoir parfois.

1 a réfléchi à «Street Fighter adapte le mastodonte du jeu vidéo avec brio»